séminaire accueilli par le cehta/ehess
coordonné par anne creissels
maître de conférences en arts plastiques à l'université de lille 3, membre du ceac
docteure de l'ehess en histoire et théorie des arts, chercheure associée au cehta

contact : annecreissels(at)orange.fr
http://compagnieaplusb.blogspot.com

séance du vendredi 21 janvier 2011

Aya Sekoguchi, danseuse de danse traditionnelle japonaise (nihon-buyô), doctorante à l’EHESS sous la direction d’Augustin Berque, www.aya-sekoguchi.com

« Zeami, un théoricien du nô, et Merleau-Ponty: un rapport intersubjectif entre un artiste et le public »

Du fait de l’intensité de la concurrence entre acteurs pour gagner la faveur de l’autorité à l’époque, la préoccupation majeure de Zeami 世阿弥 (1363-1443?) était d’attirer le spectateur; c’est-à-dire que son objectif consistait à instaurer une véritable interaction entre acteur et spectateur.

Sa longue pratique lui a prouvé que c’est le jeu interprété à l’état de non-conscience (mushin無心) sans aucun artifice, qui offre au public l’émotion la plus profonde, appelée ‘l’émotion au-delà de toute conscience’ (mushin no kan無心の感), qui est une réaction involontaire, un cri d’admiration à l’instant où le public fait corps avec l’acteur. Zeami a considéré que pour entraîner le spectateur, il fallait se situer dans un rapport avec le public au-delà du point de vue centralisant de l’ego.

Nous allons analyser cette vision à partir de la notion d’ "intersubjectivité" chez Merleau-Ponty.

Une pièce du nô Dôjôji